Peña taurine "Vivement 5 Heures" de Plaisance du Gers

HISTOIRE & PETITES HISTOIRES

Quelques faits marquants et autres racontars sur la tauromachie à Plaisance du Gers

2001, naissance de la peña "Vivement 5 heures"
Le sujet revenait souvent dans les discussions, lors des soirées de ferias où bon nombre de Plaisantins avaient l’habitude de se retrouver. C’est donc sous l’impulsion d’une poignée d’aficionados locaux (y locos tambien) que la peña « Vivement 5 heures » voit le jour en décembre 2001. Son nom à consonance française est choisi volontairement pour l’identifier à une région taurine bien française, terre de toros, d’aficion et de convivialité.
Au-delà des diverses activités de culture tauromachique, l’objectif avoué de la peña sera de rouvrir les arènes de Plaisance à la tauromachie espagnole. Plus d’une centaine d’adhérents enthousiastes soutiendront le projet. Parmi eux, les responsables du club taurin de Castelnau RB qui seront invités à siéger au bureau de V5. La tauromachie en Rivière Basse fonctionnera donc en bonne intelligence.
La première novillada sans picador aura lieu le 14 juillet 2002 dans des arènes quasi pleines avec un magnifique lot de novillos de Gallon. Depuis, forte de nombreux bénévoles, La peña V5 organise chaque année pour le 14 juillet une grande journée taurine dont l’événement principal est la novillada sans picador. L’objectif est de faire des arènes de Plaisance une place forte de la novillada sans picador  et de valoriser celle-ci  en la présentant comme un spectacle majeur.
La tauromachie bien sûr, mais également l’ambiance qu’elle génère, la culture de la fête , la convivialité de notre région, la gastronomie, le plaisir de recevoir. C’est tout cela qui fait aujourd’hui le 14 juillet à Plaisance et la vie de la peña V5.
Les courses de taureaux à Plaisance
Les courses de toros à Plaisance, une vielle histoire ! Extrait d'un article de M Darrieumerlou dans la Revue Toros

L’ouvrage Les courses de taureaux dans le Sud-Ouest de la France jusqu’au début du XIXe siècle* (1934), est incontournable en matière d’histoire taurine de notre pays. Son auteur, Michel Le Grand, qui fut archiviste des Landes et eut ainsi accès aux sources mêmes, y évoque toutes les villes du Sud-Ouest qui peuvent se prévaloir d’une « tradition ancestrale », et elles sont nombreuses. En ce qui concerne le Gers en particulier, il écrit :
A peine Caze de la Bove venait-il de sévir à Dax en 1745, que des courses sont signalées à l’autre extrémité de son gouvernement, à Nogaro. Quoique assez éloignée déjà des principaux centres de courses, la région du Bas-Armagnac est gagnée par l’envahissante coutume, peut être dès avant le XVIIe siècle. Plaisance, Riscle, Eauze, Aignan, Cazaubon connaissent probablement ces spectacles, pourtant Nogaro seul apparaît à cette époque dans les textes comme théâtre de telles manifestations. Avant 1750, s’y déroulent déjà des courses de taureaux « avec bœufs et dogues », dangereux au point d’entraîner des accidents graves...
* Michel LE GRAND, Les courses de taureaux dans le sud-ouest de la France jusqu'au début du XIXe siècle, Mont-de-Marsan, Lacoste, 1934.


Sur le point d'en venir aux mains à Plaisance... en 1808
Menace sur l'ordre public. Extrait d'un article de M Darrieumerlou dans la Revue Toros
Monsieur Le Grand cite Plaisance dans son texte. Il parle plus longuement de cette ville dans un article postérieur, publié dans le Bulletin de la Société de Borda* en 1938, ou il écrit :
En 1808, le préfet du Gers, Balguerie, averti par une lettre du Sous-préfet de Mirande de l’effervescence qui régnait à Plaisance à propos de la défense faite par l’adjoint au maire de cette commune de faire courir un taureau, décida, le 22 février 1808 de prendre l’arrêté suivant :  
« Vu la lettre à nous écrite par le Sous-préfet de Mirande du 19 courant, dans laquelle il nous prévient que la commune de Plaisance est en fermentation ; que deux partis discordants sont sur le point d’en venir aux mains.... Considérant... que quoique la cause n’en soit pas bien intéressante, les suites de ces divisions pourraient bien être préjudiciables à quelqu’un... que ces sortes de combats sont toujours très dangereux non seulement pour les combattants qui se trouvent dans l’arène, mais aussi encore pour les spectateurs, s’il vient à s’échapper... Que plusieurs fois, même à Plaisance, on a vu le sang rougir le cirque...
Arrêtons :
L’ordonnance de police rendue par M. l’adjoint de la commune de Plaisance contre la course des taureaux reçoit notre approbation attendu qu’elle est marquée au coin de la prudence et de la sagesse ; la course des taureaux est et demeure interdite non seulement à Plaisance, mais dans toutes les communes du département...
 »
* Bull. de la Société De Borda, Dax, année 1938
En 1953, qui était au cartel avec Pedro Romero ? Quand même pas Conchita Citron !
Traditionnellement vouées à la course landaise, les arènes actuelles ont en fait déjà servi de cadre à la tauromachie espagnole. La preuve ? Une photo de Pedro Romero prise dans la placita en 1953 par Marcel Lavedan. Mais avec quels toreros, et contre quels toros, le père des actuels banderilleros partageait-il l’affiche ?  Rien dans Toros*, pas une affiche rescapée, pas une ligne dans la presse locale pour nous renseigner ! Restent, cinquante ans après, les témoignages improbables de spectateurs de l’époque. L’un d’entre eux m’a affirmé qu’il s’agissait de novillos de « Sol ». Possible. Un autre m’a assuré le plus sérieusement du monde, que... Conchita Cintron partageait l’affiche avec le populaire Pedro Romero ! Il devait probablement s’agir de Consuela Gageron (voir Toros n°1700) qui toréait à cheval autour des ces années-la. Pedro Romero, lui s’était déjà produit l’année auparavant (le 15 août 1952 exactement) à quelques encablures, à Gimont qui, elle aussi, a entre-temps repris la tradition...
* Extrait d'un article de M Darrieumerlou dans la Revue Toros

La photo de Pedro Romero retrouvée par Marcel Lavedan. Elle date de 1953.
Où l'on voit qu'à l'époque béret et chemise blanche étaient de mise. On reconnait les talanquères à clairevoies.
On notera que nos novillos d'aujourd'hui n'ont rien à envier au bicho de 1953 !

2003, Un burladero chargé de souvenirs
Par Olivier Escots 13/06/2005 dans Sud-Ouest
Il est situé exactement à l'endroit de l'accident. Le burladero inauguré ce soir aux arènes de Plaisance, symbolique des aménagements accomplis dans le ruedo sur les conseils notamment du chirurgien taurin Jacques Lestrade, portera le nom de Pierre Dupouy. Le revistero, correspondant du canton de Vic-Fezensac pour notre journal, y fut blessé lors de la novillada non piquée du 14 juillet 2003. Ce jour-là, comme il en a l'habitude depuis de nombreuses années, Pierre Dupouy était dans le callejon, pour assister à la novillada des Gallon dont il devait assurer le compte-rendu pour nos colonnes. Quelques jours plus tôt, l'aficionado n'avait bien entendu pas manqué le débarquement du bétail, accompli dans les corrales d'Aignan. "Ces novillos avaient vraiment des cornes extraordinaires, comme je les aime. Ils étaient astifinos, avec des cornes comme de l'ivoire. D'ailleurs, avant le début de la novillada, j'ai dit aux frères Gallon que leurs novillos avaient des têtes magnifiques", se rappelle Pierrot
Durant la lidia des quatre premiers toros, Pierre Dupouy reste derrière son burladero. "C'était une novillada très dure. Les toros, très costauds, étaient difficilement toréables". Au cinquième, Pierre sort de son burladero pour faire une photo de Robert Pilès avec un novillero qu'il manage. "En plus, il me dit "fais gaffe, les Gallon, ça saute". Le cinquième a effectivement sauté. Faute d'accès direct au ruedo, Pierre reste bloqué dans le callejon. Il essaie, en vain, de passer par-dessus la talenquère pour se réfugier en piste. Le novillo lui enfonce sa corne qui traverse le mollet droit et explose le tibia."Ensuite, je ne me souviens pas très bien comment on m'a sorti de là. Je me suis retrouvé dans l'ambulance. J'avais encore sur moi mes lunettes, mon appareil photo et mon carnet. Celui qui aurait voulu lire mes notes aurait pu faire le compte-rendu de la novillada jusqu'au quatrième toro". Dans l'ambulance qui le transporte vers l'hôpital d'Auch, Pierre Dupouy trouve du soutien, notamment auprès du chirurgien taurin Jacques Lestrade...Après un mois d'hôpital, Pierre Dupouy a entamé une longue convalescence qui ne l'a pas empêché de retrouver les callejons dès Aignan y Toros, le dimanche de Pâques 2004... Il retient aussi la visite du torero nîmois Stéphane Fernandez Meca. "Il m'a dit que pour les toreros, une fracture c'était dramatique. Mais que comme je n'étais pas matador, c'était moins grave", rigole Pierre. C'est sur le même ton qu'il avait glissé au maire de Plaisance qu'un burladero pourrait bien porter son nom. Régis Soubabère l'a pris au mot. Un autre de nos correspondants, Marcel Lavedan, chargé de la zone de Plaisance, a servi d'intermédiaire. L'affaire fut vite entendue. Ce soir, un burladero portera le nom de Pierre Dupouy. Et désormais, il sera réservé à la presse.
2011, On a retrouvé des vieilles affiches
On a retrouvé des affiches anciennes sur la corrida à Plaisance. Retrouvées dans un grenier de Plaisance, ces affiches prouvent que la première corrida à Plaisance a eu lieu en 1950 et non une ou deux années plus tard comme pensé par beaucoup.
2012, Une fresque taurine par un amateur dans une maison plaisantine
La maison d'André Saramon, ancien professeur de dessin et artiste plaisantin, était véritablement une mine de trésors.